Tests d’efficacité et normes

Ce que vous devez savoir sur les normes relatives aux tests d’efficacité antimicrobienne pour les surfaces de contact (à l'exclusion des revêtements de toute nature).

Alors que l’on a acquis une meilleure compréhension des matériaux antimicrobiens, les organismes de régulation et les groupes de travail tels que l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) et l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) ont admis qu’il n’existe pas de méthodes normalisées pour déterminer l’efficacité antibactérienne dans des conditions environnementales caractéristiques dans lesquelles un matériau est normalement utilisé. Ceci est particulièrement vrai pour les surfaces intérieures et les points de contact.

Le groupe de travail OCDE portant sur le programme inter-organisations pour une gestion rationnelle des produits chimiques (IOMC) représentant les intérêts de nombreux pays et régions a proposé une approche graduelle de cette problématique1 en introduisant des méthodes de test de 'Niveau un' fournissant la preuve du principe et des méthodes de test de 'Niveau deux' représentant plus précisément les conditions environnementales utilisées.

Tests de 'Niveau un'

Les tests de 'Niveau un' sont couverts de manière adéquate par des normes telles que la BS EN ISO 22196 : Measurement of antibacterial activity on plastics and other non-porous surfaces (Mesure de l’activité antibactérienne des matériaux plastiques et autres surfaces non poreuses). Ces tests déterminent l’efficacité de base d’un matériau dans des conditions chaudes et humides : 35°C et humidité > 90% sur une période de 24 heures. Cette norme, ainsi que la norme industrielle japonaise (JIS Z 2801) qui lui a servi de référence, est la base sur laquelle ont été formulées la plupart des premières allégations techniques et commerciales antibactériennes et elle est encore souvent mentionnée dans les documentations promotionnelles. Elle est désormais considérée comme inappropriée, voire possiblement dangereuse, car l’efficacité dans ces conditions particulières de test s’est avérée2 ne pas persister dans les installations intérieures où l’humidité est souvent de 50 % et les températures de seulement 22-25°C.

Tests de 'Niveau deux'

Les tests de 'Niveau deux' en sont toujours au stade d'approbation par les commissions des divers organismes de normalisation et l’OCDE recommande une approche pragmatique et de meilleures pratiques pour tester les protocoles, tandis que de nouvelles normes sont en cours d’élaboration. L’OCDE recommande également de laisser sécher l’inoculum et d’utiliser des durées de tests significativement réduites. La mise au point de normes appropriées relatives aux tests de 'Niveau deux' permettra de meilleures comparaisons et une mise en œuvre élargie de ces technologies.

Tests Antimicrobial Copper

Des discussions avec l’Environmental Protection Agency (EPA) aux Etats-Unis ont permis de développer une série de trois méthodes de tests de 'Niveau deux' sur la base des protocoles existants pour les désinfectants liquides destinés aux surfaces solides. Il est notamment recommandé un pré-séchage des inocula sur les coupons de test et une période d’évaluation de 2 heures. Le développement de ces méthodes a comporté des débats approfondis avec des experts de la lutte contre les infections en milieu de soins :

  • L’Association for Professionals in Infection Control and Epidemiology (Association des professionnels de l’épidémiologie et de la lutte contre les infections, APIC)
  • L’American Society for Healthcare Environmental Services (Société américaine pour les services environnementaux de santé, ASHES)

Ces méthodes de tests incluaient les recommandations les plus récentes de l’OCDE quant aux conditions et aux durées des tests. Pour les détails des trois tests EPA, voir la page dédiée aux tests EPA.

Le tableau ci-dessous compare les conditions du test de 'Niveau deux' efficacité de désinfectants liquide type EPA au test de 'Niveau un' type normes JIS Z 2801 et BS EN ISO 22196 :

 

 

Antimicrobial Copper

Revêtements dopés aux ions d’argent

Protocole Test de 'Niveau 2' type EPA Test de 'Niveau 1', normes JIS Z 2801 et BS EN ISO 22196
Durée 2 heures 24 heures
Exposition A l’atmosphère ambiante Film plastique pour retenir l’humidité
Temps de séchage 10 - 20 min. Reste humide
Température Température ambiante ~20°C  Proche de la température corporelle ~35°C
Humidité relative  Ambiante (~50%) > 90 %
Concentration d’inoculum  Elevée (>10 millions d’UFC) Faible (500 000 – 1 million UFC)

Tableau comparatif des conditions des tests

 

Test d’efficacité antimicrobienne des meilleures pratiques industrielles

Le protocole suggéré par l'EPA en tant que test auto-désinfectant de 'Niveau deux' a été détaillé par les laboratoires AlControl afin de le rendre accessible à tous ceux qui cherchent un test approprié aux surfaces solides en l’absence d’une norme valide et publiée. Consultez la page Trouver des services pour chercher des laboratoires pratiquant ce type de test.

Il est possible de se procurer ce protocole et les certificats d’analyse de 13 alliages de cuivre homologués via les boutons de téléchargements en bas du texte. Les certificats des tests incluent la désignation ISO de l’alliage, les résultats des tests (y compris les contrôles) et la déclaration certifiant que le test a été effectué avec succès.

Autre développement du test

Afin de mieux comprendre l’efficacité à large spectre et les mécanismes impliqués, nous avons utilisé des développements des tests de 'Niveau deux'.

Au lieu d’utiliser dans l’inoculum le nombre de germes très élevé originellement spécifié dans le test EPA concernant les désinfectants liquides, nous avons déposé sur une série d’échantillons3 des quantités de plus en plus réduites de bactéries type SARM. Cela a permis de montrer que lorsqu’on utilise des niveaux de contamination plus proches des conditions réelles constatées dans les établissements de santé (103 UFC/cm2), les alliages de cuivre pouvaient éliminer les bactéries en 15 minutes au lieu de 2 heures (durée de tests imposée par les méthodes EPA).

 

Antimicrobial efficacy of copper against MRSA at a range of bacterial challenges under typical indoor conditions.

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Des travaux menés à l’université de Southampton, au Département de santé environnementale, ont démontré qu’en ramenant le volume d’inoculum de 20 µl à seulement 2 µl, on réduisait la phase de séchage à un minimum tout en maintenant une excellente répétabilité. Cette petite taille de gouttelette se rapproche considérablement des conditions de contamination par contact humain. Ceci a permis de démontrer que dans ces conditions qui se rapprochent de la réalité, les alliages de cuivre ont agi plus vite (10 millions de bactéries tuées en moins de 10 minutes) qu’avec la méthode définie par l'EPA4. Logiquement, en utilisant un inoculum de germes conforme aux conditions réelles, les temps d’élimination devraient être encore plus rapides.

 

Antimicrobial efficacy of copper against vancomycin-resistant Enterococcus faecalis in a dry touch simulation

Cliquez sur le graphique pour l'élargir

 

Téléchargements (Tous les documents sont en anglais) :

Le cuivre et les alliages de cuivre sont des matériaux techniques, résistants, colorés et recyclables. Ils sont disponibles dans une grande variété de formes et de produits, adaptés à des usages très divers. Le cuivre et ses alliages offrent pour les concepteurs une large gamme de matériaux pour la fabrication de produits fonctionnels, durables et rentables.

Le cuivre et certains de ses alliages possèdent des propriétés antimicrobiennes intrinsèques (sous la désignation de cuivre antimicrobien ou antibactérien, autrement dit Antimicrobial Copper en anglais). Les produits fabriqués à partir de ces matériaux spécifiques ont un avantage supplémentaire, participant à l'hygiène. Les produits en cuivre antimicrobien constituent une aide supplémentaire, et non un substitut, dans le cadre des pratiques usuelles visant le contrôle des infections. Il reste primordial que toutes les mesures d'hygiène courantes soient maintenues, y compris celles liées au nettoyage et à la désinfection des surfaces environnementales.

Références

1. OECD Guidance Document on Quantitative Methods for Evaluating the Activity of Microbicides used on Hard Non-Porous Surfaces. ENV.JM.MONO(2014)18.
 
2. Effects of Temperature and Humidity on the Efficacy of Methicillin-resistant Staphylococcus Aureus Challenged Antimicrobial Materials Containing Silver and Copper. H T Michels, J O Noyce, and C W Keevil. Letters in Applied Microbiology, 49 (2009) 191-19.
 
3. Potential use of copper surfaces to reduce survival of epidemic methicillin-resistant Staphylococcus aureus in the healthcare environment. J O Noyce, H Michels and C W Keevil. Journal of Hospital Infection, Vol 63, Issue 3, pp 289-297, July 2006.
 
4. Mechanism of Copper Surface Toxicity in Vancomycin-Resistant Enterococci following Wet or Dry Surface Contact. S L Warnes and C W Keevil. Applied and Environmental Microbiology, September 2011.

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